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 — September 30, 200230 septembre 2002
 

Foi et constitution a fêté, le 25 août, ses 75 ans d'activité depuis sa première conférence mondiale à Lausanne, en 1927. Les participants à cette célébration à la cathédrale de Lausanne étaient invités à se rappeler et à se réapproprier les perspectives de l'assemblée fondatrice de 1927. À Lausanne, les représentants des Églises ont identifié un certain nombre d'aspects centraux de la foi chrétienne qu'ils pouvaient affirmer ensemble et ils ont également recensé les questions qui divisent les Églises et sur lesquelles il leur fallait parvenir à un accord. Au fil des années, de nombreux accords ont été conclus, dont le meilleur exemple est sans doute celui sur le baptême, l'eucharistie et le ministère. Dans le droit fil de ce travail, une nouvelle étude sur la nature de l'Église a été mise en chantier.

La nécessité d'élaborer des lignes directrices définissant les critères de participation à des initiatives interreligieuses nationales et internationales a été à l'origine de la rencontre multireligieuse tenue à Hong-Kong du 8 au 12 avril dernier. Pour les quelques 25 participants bouddhistes, chrétiens, hindous, juifs, musulmans et sikhs à cette réunion, ces initiatives sont autant de signes positifs de la prise de conscience qui s'opère actuellement concernant la nécessité d'une coopération et d'un dialogue interreligieux. Ils ont toutefois aussi indiqué que les responsables religieux devaient examiner minutieusement le contexte, les objectifs et le cadre de leur participation avant de s'engager. L'idée d'envisager un « œcuménisme plus large », s'étendant à d'autres communautés de foi, a été avancée comme l'un des défis possibles. Pour reprendre l'argument de l'un des participants, peut-être en sommes-nous au stade où le principe de Lund, appliqué normalement à l'œcuménisme -- « nous ne devrions pas faire séparément ce que nous pouvons faire ensemble » -- devrait s'appliquer aussi aux relations interreligieuses.

Un colloque international sur Mission et évangélisation s'est tenu du 26 juin au 2 juillet à Breklum, Allemagne. Autour du thème : « Croire sans appartenir? La quête de nouveaux modèles pour l'Église et la mission dans un monde sécularisé et post-moderne », des missiologues du monde entier examinaient les situations et les défis nouveaux qui sont lancés à l'Église et à la mission. Les conférences mondiales sur la mission ont lieu tous les sept ou huit ans. La prochaine conférence, en 2005, portera sur les Églises comme communautés de réconciliation et de guérison dans les contextes pluriels et changeants de notre monde violent et globalisé.

Des responsables des trois Églises néerlandaises ont fixé la date butoir de 2004 pour la fusion de l'Église réformée néerlandaise (NHK), les Églises réformées des Pays-Bas (GKN) et l'Église évangélique luthérienne du Royaume des Pays-Bas. Les trois Églises sont actuellement réunies en une fédération, mais la fusion va créer une seule Église protestante forte de 2,7 millions de membres.

Les Églises luthériennes et réformées françaises ont décidé de mener une réflexion commune sur la possibilité de bénédiction pour les couples homosexuels et sur l'accès au ministère de pasteur de personnes revendiquant ouvertement leur homosexualité. Ces questions sont apparues en même temps dans les deux Églises qui ont une reconnaissance mutuelle des ministères. Les luthériens et les réformés français ont décidé d'avancer prudemment à l'étude dans ce sujet « passionnel et délicat » et de prendre le temps de la réflexion programmée jusqu'à 2005. Depuis novembre 1999, la loi ouvre la possibilité d'une reconnaissance juridique pour les couples homosexuels et, aujourd'hui, les paroisses protestantes enregistrent des demandes de bénédictions de couples homosexuels. À l'interne, l'Église réformée de France (ERF) a été récemment confrontée à deux situations posant clairement la question de la visibilité publique de l'homosexualité chez les pasteurs. Pour le moment, l'ERF demeure prudente et ne souhaite pas installer ou maintenir en paroisse des pasteurs revendiquant publiquement leur homosexualité.

Le pasteur Joël Stroudinsky de l'Église protestante de Genève a été élu, début mai, à la présidence de la Conférence des Églises protestantes des pays latins d'Europe (CEPPLE). Cette organisation regroupe 25 Églises nationales réformées, luthériennes, méthodistes et baptistes de Belgique, Espagne, France, Italie, Portugal et Suisse. Vieille d'un demi-siècle, elle ne veut pas se substituer aux administrations protestantes existantes, mais cherche à conserver sa spécificité : être un grand réseau de collaboration thématique entre les Églises protestantes dans les pays latins, tenant une assemblée générale quadriennale.

La première rencontre de pasteurs luthériens synodaux et d'évêques catholiques a eu lieu en mai à Porto Alegre, Brésil. Les participants se sont mis d'accord pour inviter conjointement le Conseil œcuménique des Églises (COE) à tenir sa neuvième assemblée générale au Brésil en 2006, de favoriser la participation à la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, promouvoir un ministère œcuménique de la famille et s'engager activement dans l'initiative du COE de la Décennie pour vaincre la violence.

Pour la première fois en Allemagne, une université, celle de Münster, ouvrira une chaire de théologie islamique. Ce cours sera intégré au nouveau Centre d'études des religions, qui assurera aussi un enseignement sur l'orthodoxie et sur le judaïsme. Pour Norman Willich, vice-recteur, la création de ce centre interreligieux constitue un pas important en vue de l'intégration et du respect des droits des quelques 600 000 musulmans d'Allemagne.

Le Hong Kong Christian Industrial Committee a publié les résultats d'une recherche portant sur la situation des ouvriers employés dans trois usines de la province de Guandong (Chine) et produisant essentiellement des articles de sport pour les marques Adidas, Puma, Wilson, Umbro, Diadora. Il révèle un non-respect du salaire minimum légal, des horaires excessifs, un manque de protection des travailleurs, de mauvaises conditions de vie, de santé, de sécurité sociale et des violations des libertés personnelles. En Indonésie, les conditions des ouvriers travaillant pour Nike ou Adidas ne sont pas meilleures et les travailleurs ont de bonnes raisons de croire que toute activité syndicale risque d'avoir pour conséquence leur licenciement, la prison ou des agressions. Aussi, l'Action de carême, la Déclaration de Berne et Pain pour le prochain ont lancé en Suisse une nouvelle Campagne Clean Clothes de cartes postales, intitulée, FAIR-PAY : des conditions de travail décentes pour tous! Cette campagne s'adresse à la FIFA, à qui le commerce du football rapporte des millions. Les initiateurs de la campagne appellent la FIFA à reconnaître sa co-responsabilité pour les conditions de travail dans les usines qui fabriquent les articles de sport estampillés de son logo, à adopter un code de conduite complet et à prendre toutes les mesures qui s'imposent pour le rendre effectif. Pour commander les cartes : .

Le mouvement qui veut faire revivre l'ancienne tradition grecque d'une trêve olympique lors de la tenue des Jeux à Athènes en 2004, lancé en novembre de l'an dernier, a déjà été signé par le patriarche œcuménique Bartholomée 1er de Constantinople, et les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche, de Georgie et de Serbie, et plus de trente autres chefs religieux et personnalités, comprenant des juifs, des musulmans et des chrétiens. L'appel est destiné à soutenir les efforts déjà entrepris pour promouvoir un cessez-le-feu durant les Jeux. Cette idée a obtenu le soutien du pape Jean-Paul II et de l'archevêque Christodoulos, responsable de l'Église orthodoxe de Grèce, qui ont signé en mai 2001 une déclaration commune dans laquelle ils disaient vouloir associer leurs voix « à la voix de beaucoup à travers le monde qui ont manifesté l'espoir que ... revivra l'antique tradition grecque de la trêve olympique ». L'appel a été signé par plus de 60 premiers ministres, ministres des Affaires étrangères et autres personnalités politiques. Selon le site du Centre pour la trêve olympique, Israël et l'Autorité palestinienne ont accepté d'observer la trêve, et l'Inde et le Pakistan ont aussi été approchés par le gouvernement grec.

Le Patriarche œcuménique Bartholomée 1er recevait le 10 juin le Prix 2002 de la Fondation norvégienne Sophie qui récompense une organisation ou une personne ayant oeuvré pour la défense de l'environnement ou pour le développement. Le patriarche orthodoxe l'a reçu pour « les efforts qu'il a déployés pour lier la foi et l'environnement » et pour « sa gestion œcuménique spirituelle et pratique de la protection et de la guérison de la terre ».

Un conseil réunissant les responsables des différentes confessions chrétiennes de Strasbourg (catholiques, protestants, orthodoxes et anglicans) vient d'être créé dans la capitale alsacienne. Dans un communiqué, ceux-ci affirment que l'établissement de contacts et de liens plus étroits entre croyants de différentes religions contribue au « mieux vivre ensemble » à Strasbourg. Ce conseil d'Églises de la communauté urbaine de Strasbourg a une double vocation œcuménique et interreligieuse. « Dialoguer avec les croyants des différentes reli-gions est une chance aussi bien qu'une nécessité. Si nous le faisons aujourd'hui dans le respect, la justice et le discernement, demain seront permises de nouvelles espérances. »

Le 11è congrès orthodoxe d'Europe occidentale se tiendra du 31 octobre au 3 novembre 2002, à Saint-Laurent-sur-Sèvre en France, sur le thème « Je crois en l'Église une ». Le congrès permettra à des chrétiens orthodoxes d'Europe de l'Ouest qui, partout, ne constituent que de très petites minorités et dont les communautés vivent souvent dans l'isolement les unes par rapport aux autres, de se rencontrer pour prier, lier amitié et réfléchir ensemble. Élargissant le thème général, trois grandes tables rondes, animées par des prêtres et théologiens venus de toute l'Europe, porteront sur « Orthodoxie, œcuménisme et fanatisme religieux », sur le « Le sacrement du frère » et sur « L'organisation de nos Églises ». Plusieurs ateliers de réflexion et d'information viendront compléter le programme avec comme thèmes, entre autres : « Orthodoxie, Europe et droits de l'homme », « La responsabilité de l'homme face à la création », « L'orthodoxie en terres d'islam », « Le témoignage orthodoxe à travers les médias », « L'icône en question », « Prier au quotidien ». Organisés tous les trois ans, depuis 1971, les congrès orthodoxes d'Europe occidentale rassemblent autour de leurs évêques, clercs et laïcs venant de différents pays. Plus de huit cent cinquante personnes ont participé au dernier congrès qui s'est tenu, du 29 octobre au 1er novembre 1999. (Secrétariat préparatoire du 11è congrès orthodoxe d'Europe occidentale : Hélène Arkhipoff. Tél. : 03 80 78 05 49, courriel : .

Le Conseil national des Églises des États-Unis demande à ses Églises membres de souligner l'anniversaire du 11 septembre en invitant des voisins musulmans à une journée « portes ouvertes ». Ce serait une réponse à ce qui s'est produit en septembre 2001, alors que plusieurs mosquées américaines ont ouvert leurs portes à des non-musulmans afin de promouvoir la compréhension. Le projet d'hospitalité interreligieuse portes ouvertes, élaboré en consultation avec les organismes musulmans américains, est sous la direction du révérend Jay Rock, directeur des relations interreligieuses du Conseil national, et du professeur Jane Smith du séminaire de Hartford, Connecticut. Pour informations sur le projet : http://www.ncccusa.org/interfaith/openhouse-intro.html.

Une exposition sur l'anglicanisme et son rôle dans la tradition chrétienne occidentale a été ouverte au public, le 4 juin, dans les musées du Vatican. Lors d'une cérémonie d'ouverture en présence de dignitaires des deux Églises, le cardinal Edmund Szoka a dit de l'exposition qu'elle était « un bel exemple de collaboration entre historiens et théologiens anglicans et catholiques ». Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, a parlé des livres, sceaux royaux, calices, vêtements liturgiques et panneaux sur l'histoire de l'anglicanisme exposés dans la salle Sixtine, comme d'« instruments de réconciliation ». L'exposition retrace l'histoire de l'anglicanisme depuis ses racines dans le christianisme primitif jusqu'à la communion anglicane contemporaine, en passant par Henri VIII qui avait rompu avec Rome, en 1534, pour divorcer de Catherine d'Aragon et fonder l'Église d'Angleterre.

L'exercice de la primauté papale pourrait devenir le principal sujet des débats internationaux catholiques-orthodoxes, a déclaré le cardinal William H. Keeler de Baltimore, le 4 juin, après la séance plénière de la sixième conférence Orientale Lumen à l'université catholique d'Amérique à Washington. Le thème de la conférence était : « Les Églises catholiques orientales : une fenêtre entre l'Orient et l'Occident? ». « Ne devrions-nous pas, en tant que chrétiens, discuter de ce que signifie réellement la primauté? » a demandé le chorévêque maronite Seely Beggiani aux applaudissements des quelque cent participants à la séance.

Se disant attristés par la violence, la pauvreté et la pollution, le pape Jean-Paul II et le patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople ont signé une déclaration conjointe sur le respect de la vie humaine et la préservation de toute la création. Au cours d'un lien télévisé en duplex, le 10 juin, le patriarche a signé le document à Venise et le pape, au Vatican. S'adressant au patriarche, le pape a déclaré : « Notre rencontre, même à distance, nous permet d'exprimer ensemble notre volonté commune de préserver la création, de soutenir toute initiative visant à embellir, guérir et préserver cette terre que Dieu nous a donnée pour la gérer avec sagesse et amour. »

L'Église épiscopalienne d'Écosse a voté par une large majorité pour la nomination de femmes comme évêques. Les membres du clergé ont voté à 64 contre 8, le 14 juin, en faveur de la proposition, et les membres laïques à 64 contre 7. Le projet sera débattu par les sept diocèses de l'Église épiscopa-lienne d'Écosse, qui fait partie de la communion anglicane mondiale, comme l'Église d'Angleterre, qui n'a pas de femmes évêques, et l'Église épiscopalienne des États-Unis, qui en a.

L'Église presbytérienne des États-Unis a demandé à ses membres d'apprendre à connaître les musulmans et leurs croyances. L'assemblée générale de l'Église, qui compte quelque 2 millions et demi de membres, a signé un document sur le dialogue islamo-chrétien rédigé par des dirigeants chrétiens et musulmans lors d'une rencontre aux Pays-Bas à la fin de l'an 2000. Le document invite à « un dialogue qui soit un processus de responsabilisation des chrétiens et des musulmans à l'égard de leur engagement commun dans les intérêts publics et leur recherche commune de la justice, de la paix et de l'action constructive envers le bien commun de tous... »

Des chefs religieux chrétiens, bouddhistes, hindous, musulmans et juifs se sont réunis au Vatican en juin, pour étudier divers moyens de continuer à travailler ensemble dans l'esprit de la seconde prière pour la paix à Assise en janvier. La rencontre, qui a eu lieu dans les bureaux du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a conclu que le dialogue ne doit pas se limiter à des événements comme celui d'Assise. « Cette collaboration devrait se concrétiser dans la création d'un orga-nisme qui offre des suggestions à notre conseil pontifical et à des fidèles d'autres religions pour promouvoir des initiatives symboliques en faveur de la réconciliation, de la justice et de la paix, spécialement là où il y a le plus de souffrance », a déclaré le cardinal Francis Arinze, président du Conseil.

Des hindous et des chrétiens ont participé à un symposium tenu à Rome, en juin, sur le thème « Le chemin de l'amour : l'union à Dieu et la fraternité universelle dans l'hindouisme et le christianisme ». Le professeur Kala Acharya, directrice de l'université Somaiya Sanscriti Peetham, à Bombay, a dit du symposium, organisé par le mouvement des Focolari, qu'il était spécial « parce que c'était une expé-rience spirituelle et non seulement un événement universitaire ». Elle a aussi dit que « l'expérience personnelle et spirituelle de Chiara Lubich nous a enrichis, parce qu'elle est très semblable à ce que nos saints ont connu. » Chiara Lubich est la fondatrice des Focolari. Shantilal Somaiya, président de l'Institut pour la culture et la recherche de l'université de Bombay, a ajouté que « le dialogue réciproque est à l'ordre du jour du troisième millénaire. Je suis convaincu que les religions apprendront à vivre ensemble, à se comprendre et à travailler ensemble au service de l'humanité. C'est le but que nous poursuivons. »

Posted: September 30, 2002 • Permanent link: ecu.net/?p=50
Categories: CCEIn this article: Centre Canadien d’œcuménisme
Transmis : 30 septembre 2002 • Lien permanente : ecu.net/?p=50
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