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 — June 30, 200230 juin 2002
 

Plus de 1200 leaders religieux aux Etats-Unis ont lancé un appel interreligieux pour la préservation de l’énergie et la justice environnementale. Dans leur déclaration, les responsables religieux reprennent les préoccupations du protocole de Kyoto de 1997, qui définit des normes internationales en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui, d’après les scientifiques, entraînent le réchauffement de la planète. Ils affirment qu’il n’est pas suffisant d’essayer de remplacer les approvisionnements en pétrole étranger par les réserves intérieures mais, au contraire, la préservation doit être au centre de la politique des États-Unis en matière d’environnement. La déclaration — enracinée dans ce que les responsables appellent « les valeurs morales et le souci de préserver la création et les enfants de Dieu » recommande la fabrication de véhicules utilisant des technologies dites « propres » — des véhicules hybrides moins polluants. Elle demande aussi que soit augmenté le financement des transports interurbains et collectifs. Cette déclaration est l’une des nombreuses initiatives lancées ces dernières années et rassemblant les communautés confessionnelles au-delà des lignes religieuses et théologiques sur la question de la protection de l’environnement. « Nous affirmons à nos communautés que la préservation de l’énergie est un moyen de respecter notre alliance avec Dieu », a souligné l’archevêque Khalhag Barsamian, de l’Église arménienne d’Amérique. Parmi les signataires de la déclaration figurent le secrétaire général du Conseil national des Églises, des responsables des Églises luthériennes, épiscopales, orthodoxes, catholiques romains, d’organisations juives et de plusieurs Églises américaines africaines.

Le 28 janvier, l’Hôtel de Ville de Paris accueillait, à l’initiative du Congrès juif européen, les premières Rencontres européennes entre juifs et catholiques. Un bon millier de personnes étaient venues de toute l’Europe entendre dans l’émotion parler de l’évolution des relations entre juifs et catholiques depuis cinquante ans. Le projet de cette rencontre, comme le confirme le père Patrick Desbois, secrétaire de la commission épiscopale pour les relations avec le judaïsme, est né après la visite de Jean-Paul II en Israël, en mars 2000. Le Congrès juif européen souhaitait ainsi rendre hommage au « Pape de la réconciliation » et prendre acte que « la guerre est terminée entre juifs et catholiques ». À l’issue de la rencontre, une double déclaration était rendue publique. Du côté juif, on déclarait que « constatant avec inquiétude la résurgence d’un violent discours antisémite, nous saluons la lutte que mène l’Église catholique à nos côtés contre le dévoiement haineux du message divin. » Du côté catholique : « Nous tenons à rappeler que la mémoire juive et la mémoire chrétienne sont partie constitutive de la mémoire européenne. L’Europe d’aujourd’hui ne peut se comprendre sans son enracinement dans le don de la Loi fait au Sinaï. »

Le Prix Niwano 2002 est décerné à l’évêque catholique mexicain Samuel Ruiz Garcia, ardent défenseur des droits des autochtones au Mexique. Expliquant la sélection de l’évêque Ruiz, 77 ans, la Fondation Niwano souligne qu’il « s’est employé sans relâche à promouvoir l’amélioration du niveau social des communautés autochtones et la préservation de leur culture ». Pendant 40 ans, Mgr Samuel Ruiz Garcia a été évêque dans l’État du Chiapas, durement frappé par la pauvreté, où il a participé activement aux négociations de paix entre les rebelles et le gouvernement. Le communiqué de la Fondation Niwano ajoute que l’évêque Ruiz n’est « pas seulement une personnalité importante du mouvement œcuménique en tant que tel, mais qu’il joue aussi un rôle clé dans la promotion du dialogue interreligieux international et dans la coopération au service de la paix ». Le Prix est décerné chaque année aux personnes et organisations qui jouent un rôle important dans la promotion de la paix et de la coopération interreligieuse. Il a été remis à Mgr Ruiz lors d’une cérémonie à Tokyo le 9 mai.

Le Prix Templeton 2002 est décerné à John C. Polkinghorne, un physicien mathématicien qui avait étonné ses confrères scientifiques il y a une vingtaine d’années en devenant prêtre anglican. Polkinghorne, âgé de 71 ans, a joué un rôle majeur en tentant de rapprocher le monde des sciences de celui de la religion. Il a appliqué « des pratiques scientifiques à la chrétienté, entraînant ainsi une nouvelle exploration moderne et irrésistible de la foi », selon le communiqué annon­çant le récipiendaire du Prix. Le Prix Templeton a été créé en 1972 par John Marks Templeton, un financier né aux État-Unis qui pensait que les prix Nobel décernés chaque année ne tenaient pas compte du domaine de la religion. Dans ses premières années, ce Prix était remis à des figures marquantes du monde religieux, mais ces dernières années, le Prix a été décerné à des scientifiques travaillant dans les domaines de la science et de la religion. Le duc d’Edimbourg remettait le Prix à John C. Polkinghorne lors d’une cérémonie privée qui a eu lieu à Buckingham Palace le 29 avril.

L’œcuménisme constituait le principal dossier étudié lors de l’Assemblée générale de la Fédération protestante de France tenue les 23 et 24 mars 2002. La FPF regroupe seize Églises ( ou fédérations d’Églises ) et soixante associations. « La diversité des Églises chrétiennes, les débats qu’elle suscite, nos différences voire nos différends, sont une richesse à vivre et à partager autant qu’un défi à relever », souligne la recommandation finale de la FPF.

Davantage de paroisses protestantes néerlandaises organisent des services les trois jours précédant Pâques. Traditionnellement, les Églises protestantes des Pays-Bas ne célèbrent pas de service les jeudi et samedi saints. Pour la première fois, le Conseil des Églises des Pays-Bas a présenté cette année des modèles de liturgies pour ces trois jours. Alors qu’en général la fréquentation des églises protestantes est en déclin, il semble que les protestants montrent un intérêt croissant pour certaines pratiques — comme les stations du chemin de la Croix et l’observance du mercredi des Cendres.

Les évêques catholiques et orthodoxes de Pologne ont décidé la création d’un comité chargé d’étudier les modalités d’une relance du dialogue entre les deux Églises. Le principal thème de discussion de ce comité portera sur la question de l’uniatisme. L’archevêque orthodoxe de Wroclaw et l’évêque catholique d’Opole seront les coprésidents de ce comité qui devra examiner les éléments historiques et théologiques qui sont à l’origine de la création d’Églises de rite oriental unies à Rome.

Un nouveau Conseil interreligieux, premier organe consultatif de la sorte, est mis sur pied par des représentants des religions chrétienne, juive,et musulmane. L’Objectif de ce Conseil de responsables religieux européens est de coopérer avec les décideurs politiques sur un continent qui devient de plus en plus multireligieux et multiculturel. Le Conseil fournira un « instrument approprié » de dialogue avec l’Union européenne et une plate-forme pour les «déclarations faisant autorité» des représentants de différentes religions, a expliqué Jehangir Sarosh, zoroastrien et membre du comité exécutif du Conseil. Le nouveau Conseil qui fait partie de la Conférence sur la religion et la paix ( WCRP ) entretiendra aussi des liens avec la Conférence des Églises européennesKEK ), la Commission des épiscopats de la Communauté européenne ( COMECE ) et d’autres organismes religieux. Les co-présidents du Conseil sont l’évêque luthérien d’Oslo, Gunnar Staalsett; le grand rabbin français Samuel-René Sirat; et le haut responsable musulman de Bosnie-Herzégovine, Mustafa Ceric. Le Conseil espère accroître le nombre de ses membres et tiendra sa première session en novembre en Norvège. Le bon travail des conseils interreligieux en des lieux comme la Bosnie-Herzégovine et la Sierra Leone, déchirées par les violences entre communautés, a montré que le dialogue religieux de haut niveau pourrait avoir un effet pratique sur les conflits locaux. « Naturellement, il y aura toujours des extrémistes pour dire que leur foi est la seule véritable », a poursuivi Jehangir Sarosh. « Mais si les responsables religieux encouragent le dialogue, la population locale commencera à voir aussi la situation sous un angle différent. »

Une communauté de moniales orthodoxes s’est installée sur la propriété de Saint Martin-le-Seul à Bondaroy, près de Pithiviers en France. C’est très volontiers qu’avec l’accord du curé et du maire, l’évêque indique qu’il a signé avec le métropolite Joseph Pop, du patriarcat de Roumanie dont dépendent les religieuses, une convention les autorisant à célébrer leurs offices dans une chapelle voisine, qui reste une chapelle catholique. « Avec les moines de Saint Benoît-sur-Loire et les moniales de Bouzy-la-Forêt, qui vivent de façon particulière l’œcuménisme dans leur prière et leurs nombreux contacts, voici que s’ouvre dans le Loiret cet autre foyer d’intercession pour l’unité chrétienne », a déclaré l’évêque d’Orléans.

Un colloque international, organisé par la Fondation culturelle du monastère de Kykko et l’université d’Athènes, sur le thème « Le dialogue entre les religions et les cultures », s’est déroulé, du 8 au 11 mars dernier, dans les locaux de ce même monastère, près de Nicosie. Participaient à cette rencontre des représentants de plusieurs Églises orthodoxes ainsi que de nombreux théologiens et universitaires grecs et chypriotes. Le document final adopté par les participants souligne que le dialogue entre les religions et les cultures est le seul moyen non seulement pour prévenir, mais aussi pour guérir ces maladies que sont l’intolérance et le fanatisme. Toutes les confessions doivent énergiquement condamner l’utilisation de la violence au nom de la religion. Le document insiste encore sur le fait que l’utilisation de la religion à des fins nationalistes ou extrémistes aboutit à la haine intercommunautaire.

Les membres du dialogue luthérien-méthodiste uni des États Unis, réunis en Floride en février, ont trouvé des points d’accord importants entre l’histoire et la doctrine des deux Églises sur les sacrements. Les deux Églises reconnaissent deux sacrements — le baptême et la Cène du Seigneur. L’évêque Melvin G. Talbert, coprésident, a déclaré que l’Église méthodiste unie et l’Église évangélique luthérienne peuvent avoir des interprétations différentes des deux sacrements, mais se sont vite rendu compte qu’il s’agit fondamentalement d’une question de nuances. Les discussions entre luthériens et méthodistes unis ailleurs dans le monde ont préparé le dialogue américain, a déclaré l’autre coprésident, le révérend Allan C. Bjornberg. La prochaine réunion du dialogue se tiendra en septembre 2002 à Chicago. L’Église méthodiste unie compte 8,5 millions de membres, ce qui en fait la deuxième plus importante dénomination protestante aux États-Unis. L’Église évangélique luthérienne en Amérique, avec ses 5,1 millions de membres, vient au quatrième rang.

La cathédrale grecque orthodoxe Sainte-Sophie et l’église catholique Saint-Thomas-Apôtre, dans le secteur Pico Union de Los Angeles, se sont associées dans un effort de revitalisation du quartier. « Cette collaboration entre nos deux églises, a déclaré le père Jarlath Cunnane, curé de Saint-Thomas, a été une véritable bénédiction pour tout le monde. » Parmi les aspects les plus tangibles de la revitalisation, on note la rénovation de l’église Saint-Thomas elle-même, sérieusement endommagée lors d’un incendie en 1999. La communauté de Sainte-Sophie continue de faire des collectes pour la paroisse catholique. Pour le père John Bakas, doyen de la cathédrale Sainte-Sophie, « Nous n’avons pas toujours besoin d’être d’accord sur tout, mais le plus grand accord c’est de faire du bien aux gens et c’est ce que nous essayons de faire. »

La sixième Conférence Orientale Lumen a eu lieu du 3 au 7 juin à la Catholic University of America de Washington, DC, sur le thème «Les Églises catholiques orientales : une fenêtre entre l’Orient et l’Occident ? » Des présentations par des universitaires et des théologiens et des célébrations liturgiques diverses ont permis aux catholiques et aux orthodoxes de se réunir, d’échanger et de mieux connaître leurs traditions respectives. La Société Saint-Jean-Chrysostome, parraineur de l’événement, est un groupe œcuménique de clercs et de laïcs dont le but est de promouvoir la compréhension du christianisme oriental. En offrant une occasion unique de rencontres entre clercs et laïcs pour discuter de sujets d’intérêt commun, les conférences Orientale Lumen fournissent une approche « à la base » du dialogue œcuménique entre les Églises orthodoxe et catholique.

Le dialogue catholique-luthérien aux États-Unis est à préparer une déclaration conjointe sur « L’Église comme koinonia: ses structures et ses ministères ». Le dialogue, qui a débuté en 1965, est coparrainé par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis et l’Église évangélique luthérienne en Amérique. L’actuelle série de discussions étudie de quelle manière les rôles des ministères ordonnés et les structures de l’unité ecclésiale dans les communions catholique et luthérienne s’accordent avec leur manière de comprendre et de mettre en pratique la koinonia. Le terme grec koinonia est souvent traduit par « communion ». Selon le contexte, il peut signifier fraternité, association, relation mutuelle très proche, partage, contribution ou don. Il est devenu un élément de plus en plus important des discussions œcuméniques bi- et multilatérales au cours de la dernière décennie. Les conversations en cours aux États-Unis font fond sur les recommandations, le contenu et la méthode de la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification signée par la Fédération luthérienne mondiale et le Vatican en 1999.

Un nouveau « groupe de travail », l’International Anglican-Roman Catholic Commission for Unity and MissionIARCCUM ) — Commission internationale anglicane-catholique romaine pour l’unité et la mission — a été mis sur pied par le Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens et la Communion anglicane. La nouvelle commission complètera le travail de la Commission internationale anglicane-catholique romaine ( ARCIC ) qui demeure l’instrument officiel du dialogue théologique anglican-catholique. Lors de la rencontre internationale de 2000 entre évêques anglicans et catholiques, à Mississauga, Canada, on avait recommandé la création d’une nouvelle commission internationale. L’IARCCUM, qui se compose principalement d’évêques, entreprendra la préparation d’une déclaration conjointe exprimant officiellement le degré d’accord entre anglicans et catholiques, l’étude des moyens par lesquels la Commission pourrait guider et promouvoir l’étude et la réception des accords de l’ARCIC et la recherche de stratégies visant à traduire de manière visible et pratique le degré de communion spirituelle déjà atteint.

La place de Marie dans le Nouveau Testament et la vie primitive de l’Église, ainsi que dans les écrits des Réformateurs, a fait l’objet d’une étude spéciale du dialogue permanent de la Commission internationale anglicane-catholique romaine ( ARCIC ) sur le rôle de Marie dans la vie et la doctrine de l’Église. Cette étude a établi les bases d’un prochain travail sur la définition dogmatique de l’Immaculée Conception et de l’Assomption. La Commission espère arriver dans environ deux ans à pouvoir soumettre un accord sur Marie aux autorités anglicanes et catholiques pour étude et évaluation.

Des dirigeants internationaux de divers secteurs reliés à l’environnement et à la spiritualité se sont réunis à l’abbaye Gethsemani, au Kentucky, du 10 au 14 juin, pour un dialogue contemplatif de cinq jours dans le cadre de la retraite Thomas Merton 2002 sur le thème «La spiritualité et l’environnement». À Gethsemani, les participants ont pu faire l’expérience d’un dialogue en profondeur, de la réflexion et de la contemplation selon la structure proposée par Thomas Merton ( 1915-1968 ) qui était moine de cette abbaye. Le 14 juin, au cours du forum public qui a suivi la retraite, des personnes du grand public ont pu dialoguer avec les environnementalistes. Des informations sur le forum sont disponibles sur le site web de la Fondation Merton: [www.mertonfoundation.org].  Pour informations complémentaires sur la retraite Merton 2002 et le forum public, communiquer par téléphone au (502) 899-1952; par fax au (502) 899-1907; ou par courriel à [].

La violence est incompatible avec les principes de la foi chrétienne ont déclaré plus de 400 délégués d’Églises et organisations œcuméniques évangéliques, à l’occasion de la 40e assemblée générale du Conseil cubain des Églises, qui s’est tenue dans la capitale de Cuba du 6 au 9 mars 2002. Les participants ont été unanimes à appuyer les efforts déployés par le Conseil œcuménique des Églises et autres corps ecclésiaux internationaux dans le cadre de la Décennie pour vaincre la violence. Ils ont aussi appuyé la déclaration publiée au terme de la rencontre d’Assise, en février dernier, qui avait réuni des représentants de toutes les grandes religions sous la direction de Jean-Paul II. Le Conseil cubain des Églises est un des plus vieux conseils évangéliques en Amérique latine, et travaille constamment depuis plus de soixante ans à promouvoir la coopération entre les Églises protestantes et les groupes œcuméniques de l’île. Le Dr Reinerio Arce, laïc presbytérien réformé, a été réélu président du Conseil cubain des Églises pour un second mandat consécutif.

Une diminution des connaissances religieuses en France et le besoin d’une meilleure formation en religion font l’objet de remarques dans un rapport publié par le philosophe Régis Debray à la demande du gouvernement français. Selon le rapport Debray, l’enseignement du fait religieux à l’école fait partie d’une lutte plus grande contre l’ignorance dans le monde d’aujourd’hui et contre les forces du fondamentalisme et du fanatisme.

Posted: June 30, 2002 • Permanent link: ecu.net/?p=44
Categories: CCEIn this article: Centre Canadien d’œcuménisme
Transmis : 30 juin 2002 • Lien permanente : ecu.net/?p=44
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